Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Les deux grandes activités algériennes: les ablutions et les déductions par Kamel Daoud

Publié par The Algerian Speaker sur 4 Janvier 2014, 14:22pm

Catégories : #la rubrique de Kamel Daoud

Tout Alger L'attend : Le discours où il annoncera qu'il ne reviendra pas, qu'il ne partira pas, mais qu'il ne se représentera pas, mais où il va être représenté. Et tout Alger est divisée : entre ceux qui disent qu'il va le faire, qu'il ne va pas le faire, qu'il va gagner du temps ou qu'il n'a même plus la force ni d'être président, ni de dire à voix haute et audible qu'il ne le pourra plus. Cette maladie est le plus long film algérien. Genre « la maladie d'Alger ». Après la bataille d'Alger. Et cela doit se décider maintenant, c'est-à-dire, hier, tant dans le monde on a commencé à regarder avec curiosité cet étrange cas d'un pays réduit à un lit et d'une nation qui n'a pas fait le printemps «arabe», n'a pas fait le contraire du printemps «arabe», n'est pas une dictature, ni une démocratie, n'est pas en développement, ni en récession, n'est pas pauvre mais n'est pas riche, n'est pas islamiste mais n'est pas moderne et qui ne fait que bouger des lèvres, de la main, d'un bras et qui ne dit rien de plus, assise sur les berges d'un long fleuve de pétrole. Cas unique, comme l'a dit le chroniqueur, d'un peuple qui va être appelé à des présidentielles mais sans candidat. Plus étrange : ni candidat, ni candidat unique, si on prend en compte la fratrie Bouteflika. Et donc, on attend. Et c'est une œuvre extraordinaire : voici un homme qui a réussi à faire le vide autour de lui, au point où même lui n'existe plus. Le régime algérien n'est pas tombé comme chez les voisins : il s'est dissous, s'est transformé en rumeurs, en bulletins de santé. Etrange : il est un « disparu ». Sans corps, ni lendemain. Il a été enlevé par lui-même. Il a effacé ses propres traces. On l'entend respirer mais pas plus. Et donc, on attend ce qu'il va dire dans quelques jours. S'il le peut, ou s'il le veut. Ensuite, il faudra faire vite et là c'est déjà trop tard. Il n'y a personne. A peine Sellal, coincé entre un peuple qui veut manger sans même l'effort de mâcher, un Président ombrageux et une clique de joueurs de tambour qui s'affolent de la perspective du vide, un Chef d'Etat major indécis et un Frère en panique. Et nous ? Que peut le cadavre dans les mains d'un malade ? C'est donc le remake du cinéma algérien : « le malade d'Alger », ou « chronique des années de chaise » par exemple. Et cette attente a vidé le pays des siens, l'a consumé dans l'oisiveté, la terni comme un arrière-plan, l'a immobilisé. On ne se souvient plus de ce qu'il faut faire, de ce qu'il faut célébrer, de nos propres souvenirs ou morts illustres pour nous, on ne se lave plus les mains et personne ne fait rien, sauf ces deux grandes activités du vide cosmique : prier Dieu ou analyser les images de Bouteflika. Les ablutions ou les déductions.



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